mardi 31 mai 2011

Tomboy

Je n’avais entendu et lu que du bien à propos de Tomboy, de Céline Sciamma, l’histoire m’intéressant je suis donc allée le voir. Je n’ai pas été déçue, je m’attendais à un film tout dans l’émotion et c’est ce que j’ai eu.
L’histoire semble simple. Un été, Laure, ses parents et sa petite sœur déménagent. Après leur arrivée, Laure voit un groupe d’enfants, descend les retrouver (qu’il est simple de se faire des amis quand on est jeune) et tombe sur Lisa, la seule fille du groupe. Lisa va alors lui demander « t’es nouveau », elle prend Laure pour un garçon, mais celle-ci ne rétablit pas la vérité et dit s’appeler Michaël. On pourrait alors imaginer le tout lourd, avec un pathos trop imposant, mais non, le film est réussi.
Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la direction d’acteur et les acteurs eux-mêmes sont excellents, surtout les 3 actrices principales, Zoé Héran, Malonn Lévana et Jeanne Disson. Elles transmettent toutes trois beaucoup d’émotion. L’émotion est accompagnée de retenue pour Jeanne D. Zoé, quant à elle, est épatante de talent, tout le long du film, elle joue si bien le garçon que c’est réellement à s’y méprendre, le tout avec une légère insolence. Mallon L. est hilarante quasiment à chacune de ses apparitions.

Ensuite l’histoire est belle et très bien traitée, on arrive à se mettre à la place de tous les personnages, que ce soit à la place de Laure, ou à la place de sa mère, jouée par Sophie Cattani. On ressent la difficulté pour elle quand elle comprend que sa fille se fait passer pour un garçon depuis leur arrivée. Mais, et c’est là pour moi que toute l’émotion réside, elle ne la renie pas, elle lui explique que ce n’est pas un problème mais qu’elle doit dire la vérité pour son bien.

Enfin, je reviens peu sur la photographie, l’image dans les films, mais ici l’ensemble couleur + prise de vue était très bien. Certains plans m’ont beaucoup plu, c’est le cas par exemple de celui où elle court dans la forêt avec sa robe bleue où on la discerne au fond, floue et le plan reste fixe, jusqu’à ce qu’elle soit passée.

Après le film, une amie m’a dit « Mais il ne se passe rien. », elle avait tout à fait raison, il ne se passe rien dans ce film, il n’y a pas de suspens, mais tout réside dans l’émotion et j’aime ce genre de films tout en émotion.

lundi 23 mai 2011

Midnight in Paris

Je n’ai pas réfléchi avant d’y aller, même si je n’étais pas du tout convaincue par la bande annonce, un Woody Allen m’attirera obligatoirement, alors un Woody Allen qui se passe à Paris, ville que je chéris tant, imaginez. Suite à la fin de ma période d’absence de vie sociale et de sortie (aussi appelée partiels), j’ai filé au ciné, pour voir le Paris de Woody Allen, mais aussi peut-être comprendre ce titre sur lequel je m’interrogeais tant, « Midnight in Paris ». Pourquoi parler de Minuit à Paris, alors que la plupart démontrent par a+b que Paris, la ville Lumière, est désormais devenue très peu active la nuit. J’avais beau chercher je ne trouvais pas.
Et puis forcément, le film l’explique par lui-même. (Pour ceux qui ne veulent pas être spoilés je vous conseille d’arrêter votre lecture, de filer au ciné et de revenir lire le tout plus tard). Gil et Inez viennent de Californie, ils sont fiancés, mais dès le début le spectateur comprend qu’ils n’ont rien à faire ensemble et attend, impatiemment, de voir leur séparation (ou alors c’est juste moi). Il est artiste, ne rêve que de s’installer à Paris, mais un Paris des années 20, sous la pluie de préférence, elle est intéressée par l’argent, veut vivre à Malibu et fuit la pluie comme la peste. Rajoutez à cela, la goutte d’eau qui fera exploser le couple, l’admiration que porte Inez à Paul, ancien ami de fac, personnage « pédant » étalant sa culture (ou plutôt son illusion de culture) à tout va.Un soir, Gil décide de ne pas accompagner Inez, et se retrouve, en bas de Sainte Geneviève. Le spectateur voit alors des voitures passer, entend sonner les douze coups de minuit, puis une voiture d’antan arrive, les personnes à l’intérieur l’invitent à boire du champagne, et le voilà parti avec eux. Lors d’une première soirée il rencontre Scott et Zelda Fitzgerald, puis Ernest Hemingway. Le spectateur comprend alors qu’à minuit, Gil se trouve transporté dans le passé, ce passé qui l’attire tant, les années 20. Le titre du film prend alors tout son sens.

Personnellement, Woody Allen a réussi à me transporter de manière complète dans ce Paris des années 20, puis dans celui de la Belle Epoque, tant recherché par le personnage joué par Marion Cotillard. La finalité du film, la morale en quelque sorte, donne au spectateur, l’idée que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, dans le passé. Pour une personne comme moi, qui quand elle étudie passe son temps à se dire « ah j’aurais adoré vivre ça de l’intérieur », j’aurais aimé vivre la Renaissance pour rencontrer Léonard de Vinci, et puis à la fin du 18ème pour voir apparaitre la Constitution américaine puis la Révolution française, et je peux continuer comme ça longtemps, ce film est une véritable révélation, même s’il était possible d’effectuer ces voyages, il y aurait une insatisfaction éternelle du présent dans lequel on vit. C’est en tout cas ce que je ressens du film.

Enfin, je dirai, que j’ai apprécié ce Paris dans lequel m’a transporté Woody Allen, sûrement sa vision de Paris. J’ai adoré la manière dont il a ressorti les couleurs de Paris, spécialement les tons mordorés le soir sur les quais. Plus encore, j’aime la manière dont il a ramené ces personnalités mortes à la vie, avec sa propre vision sur eux, pas de point à proprement bibliographique.Ah et j’allais oublier, j’ai adoré l’idée de nous assommer avec les clichés dès le début du film pendant quasiment 2 minutes, d’enchainer les cartes postales « tourisme à Paris » : Tour Eiffel, Alexandre III, Panthéon, Le Louvre, Le Grand Palais etc.

Et vous l’avez-vous vu ? Qu’en pensez-vous ?
Si vous voulez retrouver les lieux utilisés dans le film, je vous invite à passer ici.

mercredi 11 mai 2011

Sur mes ondes : Alex Beaupain en concert


La semaine dernière, jeudi, j'ai eu le plaisir d'assister au concert d'Alex Beaupain à Belfort. C'était un des premiers de sa tournée, si ce n'est le premier.
Je l'ai découvert, comme beaucoup je pense, par les BO qu'il a signées pour Christophe Honoré, dont j'adore les films, et notamment Les Chansons d'Amour.
Il y a un mois, j'ai découvert qu'il sortait un nouvel album (En écoute ici depuis hier. ), intitulé Pourquoi battait mon coeur. Le premier extrait, Au départ, m'a immédiatement plu et quand, j'ai découvert quelques jours plus tard, qu'il faisait un concert dans les parages, j'ai tout de suite pris mes places de concert.
Dans la foulée, le 21 avril, j'ai découvert un bout de sa personnalité, lors de son bobocast, je me suis alors dit qu'il devait être plutôt fun sur scène, et donc, tout annonçait un concert génial. Et évidemment, je n'ai pas été déçue. Il a réinterprété à la fois des chansons des films de Christophe Honoré (Je n'aime que toi notamment) et de ses différents albums persos.

Sur scène, il a cette touche d'humour, très sympathique. originaire de Besançon, non loin de Belfort, il n'a pas hésité à "blaguer" sur la région, ou encore à réutiliser le tract du Granit (la salle de spectacle) Alex Beaupain fend l'armure de sa propre vie en musique. Jamais le mot de trop, toujours le sens de la formule pour décrypter nos petits chaos intimes. Sur scène, son élégance naturelle, le timbre délicieux de sa voix, la coloration douce-amère de ses chansons nous touchent en plein coeur. il a le don précieux de créer l'illusion de l'intimité. Après nous avoir rajouté, il a rajouté "En gros à la fin du concert, vous aurez l'impression qu'on a fait l'amour".

Si Alex Beaupain se produit dans votre ville, et que vous aimez ce qu'il fait, je vous conseille largement d'aller le voir, sinon vous pouvez le retrouver le 16 juillet aux Francofolies de La Rochelle. Je vous laisse avec un extrait du prochain film de Christophe Honoré. (Bande originale signée, évidement, Alex Beaupain)